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La dystopie s’invite au Centre Pompidou Metz

Année 2052, l’art risque de disparaître et d’être interdit. L’actuelle exposition du Centre Pompidou Metz intitulée UN MUSÉE IMAGINÉ Et si l’art disparaissait ? qui a lieu depuis octobre 2016 et qui se terminera en mars 2017, invite les visiteurs à parcourir la galerie 1 dans un musée imaginaire, transnational qui anticiperait la disparition de l’art.
Ce musée sauvegarde plus de 80 œuvres importantes et clés à propos des questionnements, des enjeux et des notions véhiculés par l’art. Elles ont été sélectionnées pour leur apport à la réflexion, car chacune résume explicitement ou implicitement une expérience intellectuelle, spirituelle ou sensible.
Tout au long de cette exposition et au fil des sept sections qui séparent la visite, nous sommes face à des images, des photographies, des toiles, des installations vidéos, sonores et plus encore, qui démontrent  l‘importance de l’oeuvre d’art à pouvoir s’émerveiller, à célébrer ou encore à remettre en question les hommes et le monde.
Ce qui est au cœur de ce projet, c’est la nécessité de tout à chacun de se souvenir et de s’approprier les messages emblématiques donnés à travers l’art et à l’aide de ces œuvres présentées ici ; se rappeler pour lutter contre l’oubli, la censure et la destruction. On contre ainsi la future absence totale d’une notion artistique et on permet aux générations futures de connaitre des expériences incroyables. Cette idée s’inspire de Fahrenheit 451, un roman de science-fiction dystopique écrit par Ray Bradbury et publié en 1953, dans lequel des hommes vont apprendre par cœur des livres afin de les restituer, car la lecture est devenue un acte criminel. De nombreuses citations de cet ouvrage servent de fil conducteur lors de l’exposition.

Les œuvres exposées illustrent la force, la valeur mais également l’efficacité de l’art dans notre société. En passant par Andy Warhol, Marcel Duchamp, Martin Parr, François Morellet ou Isa Genzken, entre autres, voici ceux qui ont retenu particulièrement notre attention :

La vidéo Der lauf der dinge (Le cours des choses) réalisée par Peter Fischli et David Weiss entre 1986 et 1987, montre durant 28 minutes le détournement d’objets élémentaires (exemples: une chaise, un pneu, une bouteille) afin de faire voir, sous forme de réaction de chaîne, la libération de leur but premier.  La vidéo arrive à nous captiver entièrement du début jusqu’à la fin comme devant une partie de dominos en train de chuter les uns après les autres.

Grâce à l’installation sonore d’Emilie Rousset Les Spécialistes (2016), sous casques, nous pouvons entendre des paroles documentaires de spécialistes sur le sujet de la disparition et de la mémoire en écho avec l’exposition. La mise en voix est faite par des comédiens.

 

L’installation vidéo de Dan Graham Prbild.jpg (480×360)esent Continuous Past(s) (1974) située dans une petite salle blanche recouverte de miroirs, enregistre en direct des images, qui sont rediffusées sur des moniteurs avec un léger décalage de huit secondes. Le visiteur devient alors le sujet mais également un objet de perception.

A la fin du parcours, les visiteurs peuvent sur feuille cartonnée restituer leurs propres souvenirs de cette exposition et des œuvres qu’ils viennent d’observer. Les dessins réunis construisent ainsi une sculpture étonnante et colorée, mouvante dans le temps.

Pourquoi faut-il sauver l’art ? De quelle(s) manière(s) l’art est-il essentiel dans notre existence, dans nos sociétés et dans notre vie personnelle ?  A travers ce musée venu directement du futur, l’exposition rend hommage à l’art, qui est indéniablement indispensable pour s’émouvoir, penser, réfléchir, se révolter et s’amuser.

Site du Centre Pompidou Metz
Exposition

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Narcos : la série surcocaïnée de Netflix

Narcos est une série américaine disponible sur Netflix depuis 2015. Créée par le trio Chris Brancato, Carlo Bernard et Doug Miro et composée pour le moment de deux saisons de dix épisodes chacune, cette création originale relate le destin du célèbre criminel et narcotrafiquant le plus riche du monde, Pablo Escobar (1949- 1993). De sa montée en puissance jusqu’à sa mort, la série présente, entre le documentaire et la fiction, l’histoire de cet homme, du trafic de cocaïne dans les années 1980 et du combat de la DEA (Drug Enforcement Administration) face à l’industrie de la drogue.

De quoi ça parle ?

Fin des années 1970, les Etat-Unis ainsi que la Colombie luttent contre le trafic de cocaïne et contre le cartel de drogue de Medellín. En effet, c’est une époque glorieuse pour cette poudre blanche qui connait une consommation de plus en plus répandue et exponentielle et qui fait surtout la fortune du cartel et de ses trafiquants. Le colombien Pablo Escobar va investir dans la cocaïne, essentiellement produite en Amérique du sud, et va créer par la suite un véritable empire en plus de devenir richissime.
La série retrace ainsi toute cette histoire, l’apogée de cette puissance mais également les nombreux conflits inhérents à cela, entre évidemment les autorités et les narcotrafiquants, mais également au sein même du cartel et du peuple colombien. Les spectateurs suivent le récit à l’aide du personnage de Steve Murphy, agent américain de la DEA envoyé à Bogotá pour capturer Escobar. Par l’emploi de la voix-off, dans chaque épisode Murphy (Boyd Holbrook) devient notre narrateur, fait avancer les mois, les années et présente les situations à venir et cette incroyable industrie.

Entre une police corrompue, des dirigeants impuissants, le blanchissement d’argent, les meurtres qu’on peut compter à la pèle à neige et les personnages pittoresques, la série Narcos réussit à faire une plongée historique et divertissante dans les années 1980 et dans le narcotrafic de manière très précise, en exposant de vraies images d’archive (photographies, journaux) à des instants fictionnels et romancés.

On aime :

La maîtrise scénaristique : il a fallu une quinzaine d’années pour abattre et atteindre réellement Escobar, et la série qui prend le défi de narrer toutes ces années entre la fin des années 1970 et le début des années 1990, on arrive facilement à suivre le temps qui passe entre les épisodes et les différents événements.

L’ajout d’images d’archive et de flash-backs: elles permettent aux spectateurs de respirer entre les nombreuses tueries et cette inquiétante ambiance latine. Le vrai visage de Don Pablo, de ses proches ainsi que des photographies de certains lieux emblématiques composent le générique qui, par le son et l’image, nous envoie directement en Colombie. La série prend le parti de rendre cette histoire très authentique.

Le casting : le personnage de Pablo Escobar est magistralement incarné par l’acteur Wagner Moura. A travers le grotesque, la folie, la malice mais surtout la confiance, l’acteur respire l’âme de ce monstre sanguinaire et paradoxalement proche du peuple. L’acteur brésilien a dû apprendre l’espagnol et prendre une vingtaine de kilos pour jouer le baron colombien, son interprétation lui a d’ailleurs valu une nomination au titre de meilleur acteur principal dans une série dramatique aux Golden Globes en 2016.
Les personnages secondaires sont également incroyablement incarnés par des acteurs très talentueux comme Pedro Pascal qui joue Javier Peña, Paulina Gaitán l’épouse d’Escobar et encore Diego Cataño, dit La Quica, un des sicarios de la série.

Le fond : la série n’est pas seulement un biopic sur Escobar, elle met en scène aussi les relations géopolitiques des Etats-Unis et de la Colombie durant cette époque, qui doivent combattre la corruption de la police, des affaires d’Etat et le pouvoir de l’argent face à l’honnêteté.
La thématique principale de cette création signée Netflix reste l’histoire du narcotrafic et de son système.

Une saison 3 et 4 sont officiellement prévues pour le plus grand bonheur des fans ! Merci Netflix ! 

Crédits photos : Imdb

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Les conseils BD #7

Harmony
Une jeune fille se réveille, amnésique, dans une cave qu’elle ne connait pas. Très vite, elle s’aperçoit qu’elle entend des voix et possède un pouvoir de télékinésie. Est-elle retenue prisonnière? A qui appartiennent ces voix? Qui doit-elle croire? Qui est-elle au juste?
Harmony est une série pour jeunes ado très prenante aux dialogues très justes, dans laquelle des enfants particuliers vont tenter de se rebeller contre des adultes qui les prennent pour des souris de laboratoire.

 

 

 

Afficher l'image d'origineLes Petits vélos

Véloutre est une loutre qui fait du vélo. Je pense en avoir dit suffisamment pour vous convaincre. Bisou!
Plus sérieusement, Véloutre tient une boutique de vélo en haut d’une colline. Pour pouvoir assumer totalement son business, sa boutique est également une pizzeria. Il faut bien vivre mes braves. Derrière son aspect très naïf, ce petit manga nous en apprend en réalité énormément sur le vélo et sur le cyclisme en général. On y retrouve une ambiance à la Animal Crossing, tout aussi mignonne et amusante, et on soupçonne les traducteurs de s’être beaucoup amusés.

 

Afficher l'image d'origineLa Différence invisible

Les webcomics et BD témoignages sont sans aucun doute celles que je préfère, et celle-ci a tout particulièrement retenu mon attention. On suit l’histoire de Marguerite, une jeune femme qui se sent souvent jugée et mise de côté, et pour cause, elle a le syndrome d’asperger, une forme d’autisme encore trop peu connue. Que l’on souffre de cette différence ou non, il est très facile de s’identifier à Marguerite compte tenu des jugements intempestifs que la société actuelle nous impose. Ce témoignage est une véritable bouffée d’air frais qui, je l’espère, permettra à de nombreux lecteurs d’apprendre à être plus compréhensifs et plus tolérants avec les personnes qui les entourent.

 

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Jason Shiga est un auteur unique en son genre. Après un objet aussi particulier que Vanille ou Chocolat, il nous présente dans cette nouvelle série les aventure des Jimmy Yee. Sa vie est chiante, sa femme et sa fille sont mortes dans un accident de voiture et le truc le plus foufou qu’il ait jamais fait c’est essayer de cambrioler une banque. Comme toutes les autorités du pays sont à ses trousses, il décide de se suicider dans un motel, histoire d’en finir et puis voilà. Sauf qu’il n’y arrive pas. Plus il tente de se suicider, plus il se réincarne avec, à ses pieds, son cadavre décapité.
Un récit aussi trash que ludique, aussi drôle que tiré par les cheveux, en somme: un véritable régal.

 

Une fois de plus, j’ai tenté de faire une sélection la plus hétéroclite possible afin que tout le monde puisse trouver son bonheur. Les nouveautés de janvier sont en train d’arriver, j’ai hâte de choisir mes préférés pour le prochain conseil BD 😉

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L’Awesome Games Done Quick 2017 commence demain !

Chaque année au mois de janvier, des milliers de fans de jeux vidéo de tous horizons se rassemblent devant l’AGDQ, l’abréviation pour les Awesome Games Done Quick, un marathon de speedruns caritatif en faveur de la lutte contre le cancer. L’édition 2017 commence dès demain puisqu’elle se tiendra du 8 au 15 janvier.

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Diffusée en direct pendant une semaine entière et 24h/24 sur la plateforme Twitch, l’AGDQ voit des speedrunners se succéder afin de faire le spectacle pour les gens dans la salle ou derrière leur écran, et, accessoirement, de terminer des jeux vidéo le plus vite possible. Car au centre de cet événement, la culture du speedrun est primordiale.

Discipline consistant à conclure un jeu vidéo le plus rapidement possible par tous les moyens, le speedrunning date déjà de plusieurs dizaines d’années avec l’arrivée de FPS tels que Doom ou Quake, où des joueurs, pour conserver leurs meilleurs temps commencent à créer des sites pour enregistrer leurs records. C’est ainsi que naîtra l’un des sites références en la matière: celui de Speed Demos Archives. Avec l’arrivée d’Internet, le speedrun n’a cessé de faire des émules, et a vu le nombre de catégories et de joueurs exploser. D’abord Youtube, puis Twitch, ont terminé de le populariser, cette dernière permettant aux joueurs d’essayer en direct de dépasser leur temps devant leurs viewers.

Parmi les différentes catégories du speedruns, il faut d’abord partager les speedruns des tool assisted speedruns, ou TAS, réalisés grâce à un émulateur qui permet des actions impossibles à réaliser par un simple joueur à la manette. Là où les speedruns plus « classiques » seront toujours plus perfectibles, dû au simple facteur humain (mauvais bouton, mauvais réflexe au mauvais moment…). Ces runs étaient alors souvent réalisées soit d’une traite (single segment) ou en plusieurs (multi segment), mais l’arrivée de Twitch a presque fait disparaître cette catégorie. les joueurs préférant reprendre à zéro directement en cas d’erreur.

Dans le cas des speedruns de l’AGDQ, les joueurs réalisent bien entendu uniquement des runs single segment. Le but est alors souvent de faire le spectacle. Véritables acharnés du pad ou du clavier-souris, ils dépassent les capacités de joueurs de jeu vidéos lambda, à tel point qu’ils sont souvent appelés superplayers. Avec très souvent plusieurs centaines d’heures d’entraînement et autant d’essais avant d’arriver à un résultat parfait. Certains en font même leur travail au quotidien et sont très connus de la communauté, qui, même si elle reste assez de niche, est très soudée et organisée sur le net.

Commencé il y a plusieurs années dans le salon et sur le canapé d’un joueur, l’événement a à présent pris de l’ampleur pour devenir le rassemblement le plus important du speedrun, engrangeant plusieurs petits au fil du temps. Dont la SGDQ, pour Summer Games Done Quick, qui est son semblable se passant pendant l’été. L’AGDQ se déroule aux États-Unis dans un hôtel où un grand public peut assister sur place aux runs, l’événement tout entier étant lui, diffusé en direct sur Twitch. Et en plus de permettre cette diffusion live, la plateforme permet l’interaction avec les viewers, qui est au centre également de l’événement.

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Car si le speedrun est au centre de l’AGDQ, le but est surtout de récolter de l’argent pour la lutte contre le cancer (Médecins Sans Frontières pour la SGDQ). Les viewers peuvent alors à n’importe quel moment faire des dons et laisser des messages qui seront lu en direct par la speakerine. Pour faire monter les enchères, des défis sont également organisés au fil de la semaine sur des jeux tirés sur le volet. Le défi qui l’emporte sera alors celui qui aura reçu le plus d’argent. Souvent là pour influencer la partie, cela peut être simplement pour renommer le personnage dans Pokemon, pour le choix d’une contrainte, ou le plus célèbre le « save the animals ». Tiré du jeu Super Metroid sur Super Nintendo, le public vote pour ou contre que le runner sauve des animaux vers la fin de sa run. Le « oui » lui faisant perdre du temps précieux sur son record. Ces défis sont souvent le moyen de jouer gentiment sur la rivalité entre les américains et le restream français. Des prix sont également à gagner grâce aux différents sponsors de l’événement tels que des consoles ou des figurines.

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L’AGDQ est chaque année un succès encore plus conséquent que l’année précédente, avec une somme récoltée supérieure à 1M de $. L’édition de 2016 ayant récolté plus de 1,2M de dollars, pareil pour la SGDQ 2016. Un succès mérité pour un événement à l’ambiance toujours bon enfant qui a compte chaque année son lot de moments cultes et incroyables. Il y a d’abord les fameux « This never happened before » (« ça n’est jamais arrivé avant! »), ces moments où les joueurs sont confrontés à quelque chose qu’ils n’avaient jamais vu avant, et qui arrivent, bien entendu, ce jour précis pour des moments souvent très drôles. L’édition 2016 aura permit de voir des moments très forts, notamment la run de Mario Maker avec des niveaux concoctés par d’autres runners. De la pure démonstration de skill en direct.

De manière générale, le marathon est l’occasion de prendre une claque devant l’habilité des runners qui utilisent tous les moyens possibles pour finir des jeux que vous avez sûrement mis des jours à terminer. Bugs, manipulation de la console, OoB (Out of Bounds, quand on finit en dehors des textures prévus par le jeu et les développeurs), tous les moyens sont bons pour arriver à son but. Certaines runs étant devenues des classiques du genre tellement le talent du runner surpasse toute explication. Comme cette run exceptionnelle de kevinddr sur Tetris: The Grand Master Exhibition où à un moment, les pièces finissent même par disparaître arrivé au dernier niveau de difficulté.

Ou encore Runnerguy2489 qui finit Zelda Ocarina Of Time à l’aveugle, avec juste le son pour le guider:

L’édition 2017 commencera le dimanche 8 janvier dans l’après-midi à partir de 17h30 avec comme première run celle de Ape Escape 2.

Si vous voulez suivre l’événement en français, rendez-vous sur la page Twitch du Restream Français, où le marathon sera commenté en plus par des commentateurs connus du net français comme Realmyop de Nesblog et l’émission SpeedGame, Bob Lennon, des runners français et d’autres courageux et passionnés. Vous pouvez aussi suivre le Restream Français sur Twitter pour ne rien louper.

Le programme complet de la semaine est à retrouver ici. 

 

Rendez-vous dès demain et pendant une semaine sur le chat du Twitch Français, car moi, j’y serais !