Répond-moi 1988

C’est parti pour un nouveau drama coréen, et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de la série ayant fait la meilleure audience dans l’histoire de la télévision coréenne. Il s’agit d’un drama de Lee Woo-jung et Shin Won-ho, sorti en 2015.

Réponds-moi 1988 nous présente le quotidien des habitants d’une ruelle de Ssangmun-dong, petit quartier au nord de Séoul. Cinq familles y sont donc voisines depuis de nombreuses années et les enfants, aujourd’hui adolescents, ont grandi ensemble. Tout ce petit monde peut donc être considéré comme une grande famille partageant le meilleur comme le pire. On suivra alors les histoires de cœur, de santé, d’études, de travail, d’argent, etc, le tout sur un ton qui peut être aussi bien humoristique que grave ou émouvant.

On aime:

♥ Le bruit de chèvre qui rend chaque gag encore plus awkward

♥ Le côté très vintage qui nous fais retourner fin 80, début 90 (enfin, pour ceux d’entre nous qui étaient nés à ce moment là, pour les autres tout ça doit juste paraître de très mauvais goût)

♥ Les personnages, qui sont tous extrêmement bien travaillés, autant les enfants que les parents, et évoluent véritablement tout au long de la série

♥ La bande originale, pour laquelle a été composée une playlist aux petits oignons

Bien que les 20 épisodes de la série durent 1h30, ce qui ne la rend pas facile à regarder lorsqu’on manque de temps, Réponds-moi 1988 vaut vraiment le coût d’être regardée. Totalement immersive et réconfortante, tout ce petit monde a très vite fait de nous manquer.

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Boumchaka révèle les premiers noms du Festival Freeeeze #6 !

Si le mois de décembre évoque la période des fêtes de Noël et les retransmissions à la télévision de « Maman j’ai raté l’avion », il s’agit aussi du moment choisi à chaque fois par l’association Boumchaka pour annoncer les premiers noms de son Festival Freeeeze.

Car là où la majorité des festivals de l’hexagone se déroulent pendant la chaleur de l’été, le Festival Freeeeze prend le pari de se dérouler pendant l’hiver et de réchauffer son public par la qualité de sa programmation et des nombreuses activités proposées. En effet, cette année cette sixième édition se déroulera du 7 février au 4 mars.

Car l’un des autres points de distinction de Freeeeze est bien sûr sa durée, de presque un mois. Même si cette période peut paraître longue, cette idée s’efface devant la multitude de choix proposés par jour par l’association. Notamment parce que ce festival, à l’image de Boumchaka, a tendance à avoir la bougeote et ne peut se contenter de rester à un seul et même endroit. Événement urbain et éclectique, Freeeeze prend alors d’assaut le Grand Est et le Luxembourg pendant un mois, amenant sa banquise dans différents lieux. Son esprit d’explorateur se chargeant de venir s’installer dans des salles de concerts, et autres espaces moins orthodoxes dans le but de toujours proposer des nouvelles expériences et de rassembler des publics différents.

Les lieux confirmés pour cette nouvelle édition sont : Les Trinitaires, la BAM et le bar le 7(7) Café à Metz, L’Autre Canal à Nancy, le tout nouveau Puzzle > PZZL à Thionville, la Souris Verte à Epinal, et la Rockhal au Luxembourg. En attendant sûrement de nouveaux lieux, comme il y avait eu cette année à la patinoire de Metz pour une démonstration de danse hip-hop sur patins à glace.

Mais le plus important aujourd’hui, c’est bien sûr ces premiers noms qui ont été annoncés par Boumchaka. Et encore une fois, ils ne déçoivent pas. Le premier d’entre eux peut détonner mais vu le succès de leur date complète au Zenith de Paris le 22 novembre dernier après des années d’absence et l’amour que leur porte encore les fans de rap français, le choix de Sniper comme headliner prend tout son sens. Le groupe de rap qui avait vu ses membres partir chacun de son côté pour des aventures solos il y a des années sera donc bel et bien de retour en 2017 pour une date à la Rockhal. De quoi rassembler à la fois les fans de la première heure et un public plus jeune, avides de découvrir ce groupe phare du rap français des années 2000. Et vu la positivité et le talent des trois rappeurs, cette date ne pourra être que plus belle. L’année dernière c’était Method Man et Redman qui avaient foulé la scène Luxembourgeoise.

Pour rester dans l’esprit hip-hop/électro propre au Festival, les Puppetmastaz, alias les poupées les plus connues du rap, viendront d’Allemagne pour faire bouger la Souris Verte, la salle de concert vosgienne. Et vu leur dernier show au festival nancéien Nancy Jazz Pulsations, avec de la vraie mise en scène et une énergie explosive, cette date sera à ne pas manquer. Tout comme celle aux Trinitaires de Metz, avec le producteur hip-hop légendaire Apollo Brown, accompagné de son protégé Skyzoo. La réunion de ce génie du beatmaking et de ce maestro du micro s’avère être une date immanquable pour tout fan de rap qui se respecte, notamment les amoureux des sons à la sauce new-yorkaise. Tandis que Guizmo, comme Sniper, sera là pour un concert 100% rap français.

Freeeeze 6 proposera également des événements particuliers mais toujours autant impressionnants comme le End of the Weak, le Beatbox All-Stars, ou encore le Scratch or Die. Le premier est un concours national qui va de région en région pour partir à la rencontre des meilleurs rappeurs du pays en les confrontant à des épreuves de freestyles. Cette date de EOTW sera le moment de trouver le rappeur qui représentera le Grand Est à la finale face aux autres opposants des autres régions. Tandis que le Beat Box All Stars propose de regrouper des beatboxers de plusieurs pays afin qu’ils s’affrontent sur différentes phases qui mettent à l’épreuve leur talent et leur capacité de faire des bruits avec leur bouche.

Cette sixième édition de Freeeeze s’annonce déjà très bien avec un mix de gros noms du hip-hop français et américain, avec en plus la folie des Puppetmastaz. Sans compter l’envie de Boumchaka de proposer des activités éclectiques, mettant en avant plusieurs disciplines du rap, comme le Mcing ou encore le beatboxing et le beatmaking. On attend alors la suite de la programmation avec impatience.

Au cas où, le Festival Freeeeze c’est, rien que cette année : Method Man et Redman, Lomepal, Chali 2na des Jurassic Five, Pfel & Greem de Hocus Pocus, Seth Gueko, ou encore Odezenne. Sans compter Yasiin Bey aka Mos Def ou même Mobb Deep en 2014. De quoi faire confiance les yeux fermés à Boumchaka pour assurer une très belle nouvelle édition de Freeeeze.

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Adult Rappers va vous donner envie de soutenir vos artistes indés

« Adult Rappers » de Paul Iannacchino Jr. est un must-see qui montre la difficulté de percer dans le monde du rap.

Le 17 août 2007 sortait aux États-Unis le documentaire « The King of Kong : A Fistful of Quarters » réalisé par Seth Gordon. Le film, qui, depuis sa sortie, jouit d’une excellente réputation à l’international, suit Steve Wiebe, un simple professeur de chimie, dans sa recherche du score parfait au jeu vidéo Pacman sur borne d’arcade. Une lutte acharnée contre la machine mais pas seulement, puisque son nemesis dans le film, un certain Billy Mitchell et détenteur du record sur Pacman, va tout faire pour le contrer et conserver son titre. Si le long-métrage suit principalement ces deux protagonistes, de nombreux autres personnages haut en couleur vont parsemer le film, le rendant immédiatement captivant pour quiconque le découvre. Sans oublier les multiples retournements de situation, qui s’ils étaient sortis d’un véritable scénario, paraîtraient tous tirés par les cheveux. Mais qui ici servent la narration et ajoutent encore plus d’humanité et de compassion à des destins humains qui s’entrecroisent pour au final montrer l’amour sincère de chacun pour le jeu vidéo.

Sorti le 17 mai 2015, le documentaire « Adult Rappers » pourrait être considéré comme le « King of Kong » de la musique pour la justesse avec laquelle il met en avant ses personnages et leur amour pour leur passion, malgré les inconvénients que cela peut représenter. Réalisé par Paul Iannacchino Jr., le film est une suite d’interviews de plusieurs rappeurs issus de l’underground et de la « working class » américaine, qui doivent jongler entre leur amour pour la musique et leur vie de famille pour tenter d’y trouver un équilibre viable.

Loin des clichés du hip-hop qui voudraient que tous les rappeurs soient des millionnaires accros au luxe et à l’argent, « Adult Rappers » donne la parole à des artistes du circuit indépendant, et permet d’entendre des discours différents, qui plus est venant d’artistes pour qui la musique ne peut pas, ou tout juste, représenter une profession sans risques. A ce sujet, une des premières choses frappantes au sujet du casting, est celle de retrouver des têtes connues telles que Slug d’Atmosphere, Evidence du groupe Dilated Peoples, ou Masta Ace, des artistes pourtant à la carrière conséquente et reconnus à travers le monde comme des Mcs de talent. Les retrouver devant la caméra à parler avec une telle timidité de leur situation est un choc qui amène immédiatement à un constat : survivre dans le monde de la musique est bel et bien plus compliqué qu’il ne peut paraître, même si votre nom et vos disques sont parvenus jusqu’aux oreilles de fans dissimilés sur les continents d’à côté.

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Le documentaire commence d’ailleurs de manière abrupte lorsque chacun des intervenants doit dire ce qu’il répond aux gens lorsqu’ils lui demandent sa profession. La gêne se fait vite sentir chez la plupart et la réponse qui revient le plus est « DJ », en prenant soin de ne pas prononcer le mot « rappeur », craignant un regard moqueur ou dubitatif de son auditoire. Créant de la même manière une sorte de paradoxe où ils cherchent à la fois à se faire connaître grâce à leur art tout en ne souhaitant pas en parler publiquement à tout le monde. Si le le fait de n’avoir jamais réellement percé – pour la plupart – peut expliquer ce blocage à vouloir mettre cela en avant, peut-être que les représentations dans le rap y sont aussi pour quelque chose dans le manque de confiance de ces artistes. Là où le rap mainstream est dominé par des artistes noirs, l’underground compte beaucoup plus de rappeurs blancs (comme c’est le cas de la majorité des artistes interviewés dans ce documentaire). L’idée du rappeur que peut se faire le grand public peut alors être biaisée, et ce malgré des figures contemporaines comme Eminem, Macklemore ou encore Yelawolf. Avec également les thèmes des chansons qui diffèrent selon le circuit, avec, pour simplifier, un côté plus social et réfléchi du côté de l’underground comparé aux sujets souvent plus légers chez les artistes habitués au top des charts.

Et ce sans compter la question au centre du titre du documentaire ; celle de l’âge. Car dans un mouvement sans cesse remis en question par les nouvelles générations, garder sa place en tant qu’adulte, qui plus est avec une famille et un foyer, s’avère très compliqué. Comme lorsque les intervenants parlent des tournées et évoquent la difficulté de laisser femmes et enfants seuls pendant une période donnée sans que celle-ci ne se passe forcément bien. Car se pose aussi bien sûr la question du regard des autres, et aussi de son propre entourage, voire de sa propre famille. Comme lorsque Murs dit que si certains rappeurs ne peuvent pas vivre de leur musique, et décident de continuer quand même en délaissant leur famille, il serait temps pour eux d’arrêter. Ou lorsque Don Will avoue qu’une fois sa mère était présente à l’un des concerts de sa tournée et qu’il s’était retrouvé face à 3,4 personnes et qu’il avait du lui faire comprendre que ce n’était qu’une exception.

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« Adult Rappers » peut paraître cruel des fois. Certaines anecdotes peuvent faire mal au cœur mais la réalisation et le montage de Paul Iannacchino Jr ne cherchent jamais la complainte, ni à sortir les violons. Au contraire, le réalisateur laisse la parole aux rappeurs et ceux-ci sont suffisamment conscients de leur situation pour ne jamais tirer de plans sur la comète et rester assez lucides. Tous étant d’accord pour continuer la musique mais jusqu’à un certain stade, pour leur bien et celui de leur famille. Cette lucidité est une des forces du documentaire. Là où le film aurait pu être une suite d’insultes à l’encontre du mainstream, les personnages vont plutôt donner leur avis sur la difficulté d’être un artiste et de réussir à percer, sans de réelles animosités pour qui que ce soit… si ce n’est de n’avoir peut-être pas eu, à un moment, suffisamment de chance. J-Zone résume assez bien la situation : « certains ont cru que parce qu’ils étaient bons, et que leur musique était bonne, qu’ils allaient réussir et percer. Au final ils sont tombés de haut ». Une chose d’autant plus dure à avaler lorsqu’ils disent se donner à fond. Comme le dit Cryptic One : « tous ceux qui pensent que travailler dans le hip-hop n’est pas compliqué, doivent être nouveau dans le milieu » avant de rajouter qu’il bosse toujours à fond et beaucoup plus que s’il avait un autre travail.

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Heureusement tout n’est pas noir dans ce documentaire et d’ailleurs à la fin tous s’accordent à dire qu’ils vont continuer à rapper tant qu’ils le peuvent encore. D’ailleurs la plupart d’entre eux peuvent se targuer d’avoir des discographies plus que respectables. Esoteric, le père de famille de 38 ans que l’on voit jouer avec son tout jeune fils et son chien dans son jardin, vient de sortir en 2016 le 3ème album de Czarface, le projet en commun avec son compère 7L et Inspectah Deck, le membre du Wu-Tang Clan. Trois projets bien reçus par la critique. Slug continue de sortir des disques de qualité avec Atmosphere, Murs gagne de la popularité au fil de ses sorties, Homeboy Sandman est respecté au-delà du rap, et il en va ainsi pour la plupart d’entre eux. Même si forcément ces figures n’ont pas la même carrière que les autres du casting, aux éclats plus confidentiels.

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Plus qu’un documentaire sur le rap, « Adult Rappers » est d’abord un film sur le monde de la musique qui désacralise tous les fantasmes que peut engendrer ce milieu. Notamment le rap qui est le genre le plus populaire aujourd’hui et qui peut paraître le plus accessible, notamment avec Internet. D’ailleurs le MC Lucky I Am à la bonne réponse à cela ; « Le problème c’est qu’aujourd’hui, tout le monde rappe ». En tout cas, ce film montre aussi la diversité d’un milieu du hip-hop très diversifié et différent de ce que le grand public peu avoir l’habitude. Il donne également l’envie de soutenir encore plus les artistes indépendants, et rien que pour ça, « Adult Rappers » vaut bien 1h de votre temps.

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Stranger Things

Stranger Things a été la série événement de Netflix durant l’été dernier, voire de l’année 2016. Il fut presque impossible d’y échapper au vue des nombreux avis élogieux du point de vue de la critique cinématographique et du public. Créée par les frères Matt Duffer et Ron Duffer (Hidden, Wayward Pines), la série s’inspire d’un cinéma old school et nostalgique, mettant en scène un groupe d’enfants dans une ambiance fantastique avec une touche d’horreur, de drame et de suspense.

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De quoi ça parle ?

La nouvelle création originale signée Netflix, composée de huit épisodes pour la première saison, plonge les spectateurs pendant les années 1980 aux Etats-Unis dans la ville d’Hawkins. Petite ville à la réputation calme et tranquille, elle va cependant connaitre des événements étranges et paranormaux, possiblement en lien avec un laboratoire scientifique de recherche.

La série débute avec un groupe d’amis, quatre enfants qui vont vite se retrouver au cœur de l’intrigue, car l’un d’entre eux, Will, garçon introverti et sensible, va disparaître.
Toute la ville va alors partir à sa recherche. On va suivre sa mère Joyce, son frère, le chef de la police Hopper, le groupe d’enfants ainsi que leur entourage dans leur quête et dans leurs inquiétudes. Au même moment, les enfants Mike, Lucas et Dustin vont faire connaissance avec Eleven, une petite fille mystérieuse en fuite, qui va venir les aider. Cette dernière va s’avérer beaucoup plus importante que prévu pour l’enquête.

On aime :

Les personnages
Les personnages sont attachants et le jeu d’acteur est bluffant. Entre la mère angoissée qui devient paranoïaque, le shérif torturé par son passé ou encore la famille bourgeoise et agaçante de Mick, ces antihéros nous ressemblent et le casting est réussi. Mais nos chouchous restent les enfants et surtout le personnage curieux, complexe et étrange d’Eleven. La performance actorale de l’actrice Millie Bobby Brown est impressionnante. Réussissant à nous émouvoir tout en nous faisant peur, à l’âge de douze ans, Millie est la révélation de cette série et a un avenir glorieux qui l’attend.

Les inspirations cinématographiques
Les frères Duffer, fans du cinéma de genre, ont déclaré leur amour total au cinéma des années 1980 dans cette série. L’ambiance, l’esthétique, les costumes, les décors, la bande-son, le générique, la lumière ou encore les effets spéciaux, tout est vintage. La mise en scène rend indéniablement hommage à cette époque, mais également au cinéma de Steven Spielberg (E.T), de John Carpenter, aux grands classiques cinématographiques (Alien, Les Goonies) et à d’autres références de la popculture, imprégnées dans la mémoire de chacun. Les réalisateurs font revivre à l’écran l’atmosphère de cette époque particulière.

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L’originalité de l’intrigue
Le fait est que les personnages principaux soient des enfants de douze ans, cela adoucit l’histoire. En effet, le mélange des genres scénaristiques utilisés et ces fameux incidents paranormaux auraient pu refroidir notre enthousiasme car parfois la série fait un peu flipper (des expériences scientifiques douteuses ou l’arrivée d’une créature inexplicable). Mais on est tout de même face à un objet télévisuel très original, qui n’hésite pas à prendre du temps pour expliciter et exposer son intrigue, ses personnages et ses mystères. On croit à cette magie mise en scène qui permet de rapprocher l’ordinaire à de l’extraordinaire.

Suite à son énorme succès, la série rempile pour une deuxième saison, prévue pour 2017. Les créateurs ont annoncé en novembre une saison 3.

La série Stranger Things est disponible sur Netflix depuis juillet 2016.

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